Môle hydatiforme complète
Sur le plan histologique, la môle hydatiforme complète se caractérise par des villosités choriales augmentées de volume, œdémateuses et hydropiques, souvent associées à la formation de citernes. On observe en outre une prolifération trophoblastique villositaire marquée, le plus souvent circonférentielle, accompagnée d'atypies cytologiques.
Dans les formes très précoces, ces caractéristiques histologiques typiques sont moins développées et la prolifération trophoblastique est plus limitée.
En règle générale, aucun tissu fœtal n'est présent.En immunohistochimie, l'expression de p57 est absente dans les cellules stromales des villosités ainsi que dans le cytotrophoblaste.
Môle hydatiforme partielle
La môle hydatiforme partielle présente généralement un aspect histologique mixte, associant deux populations de villosités choriales: d'une part de petites villosités fibreuses et, d'autre part, des villosités augmentées de volume, de contour irrégulier, présentant un degré variable d'œdème et d'hydrops. Une prolifération trophoblastique circonférentielle légère à modérée est habituellement observée. La formation de citernes et les pseudo-inclusions trophoblastiques sont fréquentes.
Des vaisseaux sanguins fœtaux ainsi que des hématies nucléées sont souvent présents.En immunohistochimie, l'expression de p57 est conservée dans les cellules stromales des villosités et dans le cytotrophoblaste.
Les caractéristiques morphologiques de la môle hydatiforme partielle ne sont pas entièrement spécifiques et peuvent présenter un chevauchement important avec celles d'une môle hydatiforme complète (notamment précoce), d'un avortement hydropique, d'anomalies chromosomiques telles que les trisomies, d'une dysplasie mésenchymateuse placentaire ou encore d'une grossesse gémellaire associant une môle hydatiforme complète et un fœtus normal coexistant.
Choriocarcinome gestationnel
Le choriocarcinome gestationnel se caractérise par des amas solides infiltrants et destructeurs composés de cytotrophoblaste mononucléé et de trophoblaste intermédiaire, entourés de syncytiotrophoblaste multinucléé présentant des atypies cytologiques marquées et une activité mitotique élevée.
Des phénomènes d'hémorragie, de nécrose et d'invasion lymphovasculaire sont fréquemment observés.
Le choriocarcinome peut être associé à une tumeur trophoblastique épithélioïde et à une tumeur trophoblastique du site placentaire.
Tumeur trophoblastique du site placentaire (PSTT)
La tumeur trophoblastique du site placentaire (PSTT) est constituée d'une prolifération infiltrante de cellules trophoblastiques intermédiaires de type implantation (extravilleuses), organisées en amas, en travées ou en nappes diffuses entre les fibres musculaires lisses du myomètre.
Les cellules tumorales sont typiquement volumineuses, polyédriques et le plus souvent mononucléées, avec un cytoplasme abondant, éosinophile à clair, et un degré variable de pléomorphisme nucléaire. L'activité mitotique est généralement faible (1 à 2 mitoses/mm²).
Une caractéristique essentielle est l'invasion marquée des vaisseaux sanguins, les cellules tumorales remplaçant la paroi vasculaire (« vascular remodeling »), de manière analogue au processus physiologique d'implantation. Une nécrose et des foyers d'hémorragie peuvent également être présents.
Tumeur trophoblastique épithélioïde (ETT)
La tumeur trophoblastique épithélioïde (ETT) est une néoplasie dérivée du trophoblaste intermédiaire de type chorionique. Sur le plan histologique, elle présente typiquement une architecture nodulaire et expansive, constituée de larges amas et travées de cellules trophoblastiques épithélioïdes relativement uniformes, souvent délimitées par des contours cellulaires nets.
Les cellules tumorales sont mononucléées, de taille moyenne et d'aspect épithélioïde, avec un cytoplasme modérément éosinophile à clair et un aspect fréquemment squamoïde, pouvant évoquer un carcinome. L'activité mitotique est très variable.
La présence de matériel extracellulaire éosinophile hyalinisé (fibrinoïde), localisé au centre des amas ou entre les cellules tumorales, constitue une caractéristique typique. Une nécrose étendue, souvent de distribution géographique, est fréquemment observée.